Bernard Clerfayt glisse sur le Diesel
Lundi matin.
Reprise du travail en ce premier jour de la semaine.
L’air est frais, les vitres de la voiture sont embuées, c’est la fin de l’été nous dit Denis Collard dans son billet météo de 7h30.
En route vers Bruxelles, la radio difuse la Première. L’animateur lance l’interview de Bernard Clerfayt. La semaine commence en force.
Le Secrétaire d’Etat à la Modernisation du Service public fédéral Finances, à la Fiscalité environnementale et à la Lutte contre la fraude fiscale, adjoint au ministre des Finances d’Etat est l’invité de Bertrand Henne, l’interiewer des petits matins politiques.
J’écoute de loin les propos du ministre adjoint. Le personnage ne m’inspire guère de sympathie, mais c’est juste une question personnelle.
Dès les premières minutes une légère angoisse s’empare de moi. La fiscalité et les hausses d’impôts compensées par des astuces dont seuls les cadres supérieurs sont aptes à comprendre le mécanisme, sont loin de mes préoccupations matinales.
Quelques mots attirent mon attention : taxes. Diesel.Accises. Hausse ! Je tends finalement l’oreille.
Le Secrétaire d’Etat nous propose une « légère » augmentation des accises sur le prix du Diesel. Quelques centimes …
- « Combien ?« , lui demande le journaliste.
- « Une vingtaine… » lui assène le gaillard sans ciller.
Calcul rapide du valeureux journaliste… « à 0,90 ct le litre cela représente 20% d’augmentation !!« .
Bien vu !
La lègère angoisse qui m’avait prise au départ se transforme alors en déprime voire en rage contenue (faut faire attention a toutes ces grosses berlines allemandes qui me poursuivent sur E19).
L’ultra libéral FDF, propose donc d’ajouter une belle grosse taxe sur le Diesel. LE symbole du carburant du gros rouleur. Gros rouleur de ville en 4×4 ou de celui qui venant de loin espère réduire ses frais de déplacement pour pouvoir aller travailler à la « Capitale ».
Les auditeurs ne se laissent pas prendre dans les filets tendus par le Secrétaire. Ouf ! La rebellion s’organise. Les pseudo-arguments du fiscaliste vert du fédéral ne tiennent pas lontemps devant la critique technique. « Un diesel consomme moins que l’essence », « La pollution est équivalente voire moindre que pour un moteur essence » nous rappelle les auditeurs verts de rage (taxatoire).
L’homme se sent piègé. Il renvoie la faute au journaliste. « Je n’ai pas parlé d’une augmentation de 20% » ou encore le très généreux « une compensation pour les voitures de société est prévue » et le très libéral : « les professionnels bénéficient d’un autre régime fiscal ».
Cette idée me taraude toute la journée et est le centre des discussion devant la machine à café : »t’as entendu ? Ils veulent augmenter le prix du Diesel ? « .
De retour au soir, c’est le soulagement. Les collègues de Berny ne le soutiennent pas. Plus fort, il affirme, en retournant la faute : « vous n’avez pas compris ce que j’ai dit ». (à lire)
Bien sur Mr le ministre, c’est de notre faute. On a pas su lire entre les lignes. Désolé !
Il fallait comprendre que c’était un projet à long, très long terme. En réalité, il fallait comprendre « quelques centimes ».
Ouf ! La bourde n’est qu’une erreur de compréhension des journalistes, ces empêcheurs de taxer en rond.
Quelques questions restent en suspens. Si nous avons mal compris, c’est peut-être parce que c’est mal expliqué. Problématique pour un politique.
Ou alors, le Secrétaire n’aurait-il pas été envoyé au front (par qui?) pour lancer un ballon d’essai (en direction des Ecolos en vue de l’annulation de la fin des centrales nucléaires ?) pour sentir l’air du temps.
Le plus suréaliste, c’est de voir un libéral proposer un taxe et les socialiste la faire avorter le jour même.
Décidémment la rage taxatoire n’est plus ce que c’était ma brave dame.
