L’Olivier de la bonne gouvernance ou le puritanisme vert
Voilà ! Les élections du 07 Juin sont derrières nous. Pas de séisme pour le PS, une grosse progression sans surpise pour Ecolo. Comme d’habitude, tout le monde est gagnant. C’est ce qui rend ce moment hors de la réalité tellement sympathique. Tout le monde essaye de grimper sur la plus haute marche du podium pour recevoir une belle médaille d’or. Certains ont moins perdu que prévu mais ont récolté le plus de sièges, d’autres ont le plus progressé mais ont récolté le moins de sièges, d’autre ont fait du surplace et donc n’ont pas perdu. Bref tout le monde est content.
Après une bonne semaine pour digérer le tout et comprendre le message de l’électeur agrémenté d’un bon suspens , les Ecolos ont choisi la mariée. Ce sera la PS !
Bonne nouvelle pour le peuple de gauche qui craignait un retour en force de la droite capitaliste incarnée par un Didier Reynders au sommet de son art mais mauvaise nouvelle pour le citoyen lambda qui espérait un changement de coalition pour injecter un peu d’air frais aussi appelé changement du centre de gravité par le précité. Ce qui est cocasse, c’est que le centre de gravité s’est bien déplacé , mais pas en faveur du MR qui a pourtant lourdement insister pour en être le moteur.
Car le nouveau sujet est devenu l’éthique ! Il est vrai que la préoccupation centrale des Ecolos est devenue la bonne gouvernance. Et ce serait faire preuve d’un aveuglement naïf de croire que ce sujet n’est qu’une posture prise par les verts au regard de toutes les affaires qui touchent la classe politique (tout partis confondu avec une bonne tête d’avance pour le PS).
Pour rappel : L’éthique (du grec ηθική [επιστήμη], « la science morale », de ήθος, « lieu de vie ; habitude, mœurs ; caractère » et du latin ethicus, la morale) est une discipline philosophique pratique (action) et normative (règles) dans un milieu. Elle se donne pour but d’indiquer comment les êtres doivent se comporter et agir entre eux dans un espace. Dans tous les cas, l’éthique vise à répondre à la question « Comment agir au mieux ? » (wikipedia)
Mais en même temps, on ne retrouve plus la préoccupation écologique comme le moteur du parti vert. Car malgré leur posture de petit parti alternatif hors du jeux politique, ils ont bien été obligé d’entrer dans l’arène politicienne au lieu d’en rester spectateur ?
Alors les Ecolo sont-ils devenus les nouveaux conservateurs puritains donneurs de leçon ? Car on assiste à la montée d’une nouvelle idéologie politique dans notre petite communauté Wallonie Bruxelles : le puritanisme écologiste. Comme à la belle époque en Angleterre ou sous la dictature de Robespierre : la vertu règne par la force de la loi. Avec cette étrange contradiction propre aux verts : oui à la prise d’initiative, à la création de sociétés mais pas pour les hommes politique qui eux doivent vivre chichement dans la vertu et la sobriété. Des ecclésiastique de la politique en somme.
Mais cette vertu ne s’appliquera pas qu’aux politiciens. Elle sera aussi imposée aux citoyens en les forçant à changer de mode de vie : taxation plus ciblées, utilisation de transports en commun, manger bio, isoler sa maison,….
Mais en votant Ecolo, l’électeur a-t-il bien prit conscience du choix de scociété qu’il exprimait ? Pas si sûr …

Une petite anecdote personnelle. J’avais une petite dizaine d’année et je vivais dans un village moyen du Borinage. En me promenant avec ma mère, je lui ai montré la maison d’un de mes amis en lui disant que j’aimerais être son voisin. C’était une maison de cité neuve avec un jardin agréable. Encore aujourd’hui, alors que le début de la promenade est complètement oubliée, je me rappelle fort clairement de la réponse de ma mère et de ma réaction.
- Pour habiter là, il faut avoir sa carte du parti.
- Quel parti?
- Le parti socialiste.
A 10 ans, cela m’a troublé. Vraiment. Et ma mère est loin d’être une passionaria antisocialiste. Pour elle, c’était un fait établi. Normal. Pour moi, cela ne l’était pas. Encore aujourd’hui, je trouve ça inacceptable.
Je ne dis pas que c’était vrai. Je n’en sais vraiment rien. Mais c’était acquis pour elle.
C’est pourquoi je trouve que de parler de puritanisme éthique pour appliquer des règles de bon sens qu’un enfant de 10 ans approuveraient me parait largement exagéré. Tout comme je trouve déplacé de faire une analogie avec la Terreur de Robespierre lorsqu’un parti demande qu’un élu fasse pleinement le travail qu’il a sollicité en se présentant comme candidat.