Sarkozy, Zapatero, Royal, Joffrin et les autres
A chacun son feuilleton de Pâques. Les belges ont leur commission de pieds nickelés, les français ont Sarkozy (oh surprise!).
Acte I : Nicoals Sarkozy lance la polémique
Les déclarations de ce dernier sont en effet au centre d’une polémique lancée par Libération. Selon le journal français, le Président Nicolas Sarkozy a tenu des propos fort peu amène sur certains hommes d’Etat lors d’un déjeuné. Cette rencontre organisée par l’Élysée avait comme thème le résultats du sommet du G20 du 2 Avril.Parmi les invités des membres de la majorité mais aussi de l’opposition.
Il a ainsi reproché au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, d’avoir été « totalement absent du G20 » et estimé que la chancelière allemande Angela Merkel » n’avait pas « eu d’autre choix que de se rallier à ma position« .
Et lors d’une discussion à bâton rompu, le Président en réponse à Henry Emmanuelli (PS) et sur un un ton de boutade a déclaré que « Zapatero n’était peut-être pas intelligent mais lui gagagne les élections« . Ces propos visant l’ancien premier ministre socialiste, Lionel Jospin.
L’Elysée a démenti ces propos, indiquant qu’ils étaient « totalement faux ».
A la suite de ces déclarations, une petite tempête médiatique s’est levée en Espagne où Nicolas Sarkozy doit effectuer une visite d’Etat fin avril. Un porte-parole du gouvernement espagnole s’est refusé à tout commentaire à propos de déclarations sensées être privées. Le porte-parole du Parti populaire (opposition) a déclaré : « Honnêtement, je ne suis pas content du tout qu’un dirigeant étranger se moque du président du gouvernement de notre pays, même s’il a peut-être raison« .
Brefs ces propos ont eu le don d’énerver la presse internationale. En Espagne, les journaux ont titré sur « le complexe de supériorité » à la française. L’affaire a même pris une tournure politique : le vice-président du Parti populaire a annoncé ses intentions de soutenir le Premier ministre, pourtant son adversaire politique.
Mais la polémique ne s’est pas limitée au cadre franco-espagnol. Les journaux allemands et italiens ont ainsi ironisé sur « la gaffe de Sarkozy ». Qualifié de « caractère de fanfaron » à « stupide » en passant par « immature ». Déjà, « l’inexpérience de Barack Obama », décrite par le Président français, avait « mis fin à la courte lune de miel franco-américaine » d’après le New York Times.
Acte II : Ségolène Royal
Ségolène Royal, jamais avare d’une bonne leçon de morale ne s’est pas privée d’une spectaculaire sortie dans les médias. Elle a en effet présenté des excuses à José Luis Zapatero pour les propos de Sarkozy mettant en doute les capacités intellectuelles du chef de gouvernement espagnol.
Cette dernière s’était déjà excusée, à Dakar, pour un discours tenu par Nicolas Sarkozy à propos de l’homme africain… Excuse fort mal accueillie en France.
Dans un communiqué publié samedi sur son blog « Désirs d’avenir« , elle dit avoir expliqué dans une lettre au chef du gouvernement espagnol que ces propos « injurieux » n’engageaient « ni la France, ni les Français ». Et dit l’avoir assuré de « toute sa considération » pour ses « réformes courageuses » et son comportement éthique « modèle ». «
Ségolène Royal s’est félicitée ensuite dans un entretien au magazine VSD avoir ainsi « rétabli l’honneur de la France ».
Du côté de la majorité la pilule est difficile à avaler. Ainsi Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, a estimé qu’avec ces nouvelles excuses, Ségolène Royal avait pour but d’ »essayer de faire parler d’elle et pour ce faire ne pas craindre de ridiculiser notre pays« . « Je le lui dis, visiblement elle l’a oublié : elle n’a pas été élue présidente de la République et elle ne peut pas parler au nom de la France, ni au nom des Français« , et sur Europe 1 a recommandé à Ségolène Royal « une aide psychologique ».
Acte III : François Bayrou
François Bayrou, l’autre chef de fil de l’opposition, a jugés les propos du président de « déplacés » tout autant que les excuses de Ségolène Royal. Il s’est clairement positionné en « divergence assez forte » avec la socialiste, dont la démarche est « totalement inappropriée ». « Quand on présente des excuses, notamment au nom de la France, c’est qu’on est coupable. Or, la France n’est coupable de rien du tout dans les propos de Nicolas Sarkozy ».
« Les propos de Nicolas Sarkozy sont déplacés. Pour autant, la repentance quotidienne, l’expression du pardon ou la présentation d’excuses ne me paraît pas appropriée, a-t-il poursuivi. La propension d’un certain nombre de responsables politiques à se livrer quotidiennement à la repentance n’est pas la mienne. »
Acte IV : Jofferin vs Lefebvre
A la suite de quoi Frédéric Lefebvre a accusé le journal Libération de « ressembler de plus en plus à un tract, après avoir perdu ses lecteurs, perd sa crédibilité » et de contribuer à « abîmer l’image de notre pays ».
En réponse Laurent Joffrin, directeur de la publication du journal Libération, dans un article du NouvelObs.com a déclaré : « M. Lefebvre, qui occupe un poste de roquet à l’UMP, a du mal à accepter l’existence d’une presse indépendante en France. (…) Il se contente d’aboyer un démenti de commande et d’insulter le principal journal d’opposition en France ainsi que ses 800.000 lecteurs. (…) Ce qui porte atteinte à l’image de la France c’est l’irresponsabilité des propos tenus par le président de la République à l’égard de ses homologues. »
Ambiance !!
Laurent Joffrin indique que le journal maintient « l’intégralité de ses informations », avant de souligner : « Les propos présidentiels sont confirmés de plusieurs sources, la presse étrangère a jugé bon de s’en faire l’écho. »
E il demande des excuses de l’Elysée et »M. Lefebvre, roquet stipendié par L’UMP, qui a nous a insulté » sur les ondes de France Info.
Dans la même interview il déclare que le Président n’a pas voulu insulté Zapatero mais plutôt le soutenir dans sa démarche. Une bonne blague autrement dit.
Voilà comment tenir les médias en haleine sur une polémique qui n’en était pas une …

C’est pas fini …
A lire
Le Parisien