Circonscription Fédérale
La création d’une circonscription fédérale en compensation d’une grande réforme de l’état. L’idée est dans l’air du côté francophone ainsi que chez quelques flamands progressistes.
Le groupe PAVIA a formulé une proposition dans ce sens. Il propose 15 élus sur les 150 existants à répartir entre 9 néerlandophones et 6 francophones. Ecolo propose 50 élus fédéraux ajoutés aux 150 élus déjà existant, le tout complété par une réforme du sénat supprimant 50 sénateurs. Etant donné la clef de répartition, cela représentera 30 flamands et 20 francophones.
Une double liste fédérale serait proposée : une pour la circonscription provinciale et une pour la circonscription fédérale. Un candidat pourra être sur les deux listes et si il est élu sur les deux listes, il choisira sur laquelle il désirera siéger. Les sièges attribués à une liste reviennent au candidat ayant obtenu le plus haut chiffre d’éligibilité. Si ce candidat appartient à un groupe linguistique pour lequel le nombre garanti d’élus a déjà été atteint, le siège est attribué au candidat dont le chiffre d’éligibilité est le plus élevé dans son groupe linguistique. Si le siège n’est pas attribué à la liste, il le sera à la liste suivante si elle contient au moins un candidat du groupe.
Pour que cela ait un certain poids, il faudrait que les ténors des partis se présentent sur cette liste. Les meilleurs scores devenant ministre du gouvernement.
De cette façon un Didier Reynders ou un Elio Di Rupo pour être élu devront faire campagne en Flandre et un Bart de Wever ou un Karel de Gucht devront séduire la Wallonie. A ce stade on sent déjà poindre une première discrimination :
- Au niveau linguistique : ce ne seront que les politiciens bilingues qui seront en mesure de séduire l’électorat de l’autre partie. Or l’aisance à maitriser la langue française est plus subtile du côté d’un Hermann De Croo que d’un élu liègois par exemple.
- financier : seul les plus gros faiseur de voix seront placé en ordre utile pour participer à cet éléction. Récolté suffisement de voix en Belgique demandra une structure plus importante et favorisera les gros partis. Les partis étant subsidiés sur le nombre de voix, de nouveau les flamands auront suffisement de fonds que pour mettre en route une réelle campagne.
- Au niveau des scores à réaliser. Le chiffre d’éligibilité étant calculé sur la circonscription fédérale, il sera plus aisé pour un néerlandophone de réaliser toutes ses voix en Flandre pour être élu sans faire campagne en Wallonie. Un francophone devant batailler pour faire ses voix e convaincre en Flandre. En conséquence, chaque communauté votera pour un élu de sa région sans qu’il ne soit besoin de faire campagne dans l’autre région.
Dans ce cas que représenteront-ils ? Un élu se doit d’être proche de sa zone d’influence pour relayer vers le haut les préoccupations locales. Un candidat élu sur l’ensemble de la Belgique sera un salmigondis de toutes les tendances mélangées. Est-ce qu’un électeur libéral flamand sera séduit par un discours libéral wallon ?Le programme sera passé au second plan et seule la mise en scène comptera. C’est une voix royale vers une politique people.
L’argument utilisé est que l’élu doit d’être responsable devant les électeurs de l’ensemble du pays. Actuellement, un ministre flamand ne peut être sanctionné par un francophone et inversement. D’une part cela sous entend que les élus de la circonscription fédérale seront en principe ministrables. D’autre part le ministre élu dans la circonscription fédérale ,en plus de convaincre ses collègues au sein du gouvernement du bien fondé de ses idées politique (gauche , droit, centre) devra en plus faire attention de ne pas froisser l’autre communauté.
Quelle sera dès la marge de manœuvre de ces élus pour mettre sur pieds de véritables réformes ?

